Chef du clan Gamebey Surui
Coordinateur général de l'Organizaçao
Metareila do Povo Indigena Surui, et initiateur du projet PAMINE.
Projet PAMINE phase 1
Rapport d'activité 2005-2006
* Responsable du projet: Almir Narayamoga Suruí * Organisation: Organização Metareilá do Povo Indígena Suruí.
1.1 Le Projet Pamine
Le projet vise à reforester des terres dégradées (pâturages et “capoeira” [forêt jeune appauvrie]) à la source d’une petite rivière et à ré-enrichir la forêt en espèces utiles à la tribu, près des villages Suruí.
Les Gamebey ont déterminé les lieux à reforester lors d’une réunion avec un ingénieur forestier: une zone de pâturage autour d’une source et une zone de forêt appauvrie, d’une superficie totale de 16 hectares.
Construction de la Maloca du centre de formation et de recherche indigène Yananbi Gameb
A proximité de la maloca du Centre de Formation et Recherche Indigène “Yabnanbi Gameb” (créé à cette fin), nous avons pris l’inititiave de produire des pousses de certaines espèces (patuá, tamboril, açaí et tucumã) qui n’étaient pas disponibles dans le commerce au Rondônia.
Des pousses ont été achetées ou offertes pour certaines espèces et des semences ont été plantées pour d'autres.
Germes de Copaiba.
Mise en terre des graines.
Plantules après quelques semaines.
Une surveillance constante et la satisfaction de voir la vie s'épanouir.
Tableau 1 Répartition des pousses par espèces et par zone
Superficie (Ha)
Espèce
Nombre de pousses
Usages
04
Pupunha
359
Artisanat.
4,95
Açaí
710
Consommation alimentaire et construction des maisons.
03
Acajou
295
Ré-introduction de l’espèce (épuisée par l’exploitation des bûcherons).
0,50
Patuá
90
Consommation alimentaire et commercialisation de l’huile.
0,40
Coco
50
Consommation alimentaire et commercialisation des fruits.
0,05
Tamboril
23
Consommation alimentaire et pêche.
0,05
Bacaba
10
Consommation alimentaire et diversité biologique.
0,05
Cerejeiras
10
Maintien de la diversité biologique.
0,05
Acerola
10
Consommation alimentaire et commercialisation des fruits.
02
Babaçu
232
Consommation alimentaire et construction des maisons.
0,05
Manga
13
Consommation alimentaire.
0,40
Caju
48
Consommation alimentaire et diversité biologique.
0,20
Copaibeira
30
Médicinal.
0,05
Cacao
10
Consommation alimentaire et diversité biologique.
0,05
Carambola
05
Consommation alimentaire
0,20
Camu camu
20
Consommation alimentaire et diversité biologique.
0,05
Biriba
10
Consommation alimentaire
0,05
Graviola
10
Consommation alimentaire
0,05
Goiaba
10
Consommation alimentaire
0,05
Tamarindo
05
Consommation alimentaire
16,20 ha
1950
Tableau 2 Provenances des pousses
Provenance
Quantité
Achetées dans le commerce
380
Produites au Centre de formation et Recherche Suruí
608
Don de l’Associação dos Produtores Alternativos (APA)
830
Don de l’ Association Kanindé
133
TOTAL
1.950
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Carte des plantations
1:
2:
3:
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5:
La coordination générale du projet a été assurée par Almir Narayamoga Suruí.
Autres responsables et partenaires:
• Trésorier de Organização Metareilá: Renato Labiway Suruí, chargé de l’achat du matériel et des pousses, avec Almir.
• Secrétaire général: Arildo Gapamé Suruí, chargé de relever les noms des travailleurs et d’identifier les difficultées rencontrées.
• Coordinateur des plantations: Agamenon Gamasakaka Suruí, chargé des travaux de préparation, de plantation et de surveillance des pousses.
• Technicien agricole: Miguel Surui; aidé de l’ingénieur forestier Luis Carlos Marreto de l’Associação Kanindé.
• L’Associação de Defesa Etnoambiental Kanindé a fourni des conseils et une aide aux transports ainsi qu’un contact avec l’ APA (Associação dos Produtores Alternativos).
• L’APA a offert 830 pousses de pupunha, açaí, acajou, cerejeira e bacaba.
• L’ APA a proposé de fournir une aide à la commercialisation des produits.
Le projet fait partie des priorités de l’Organização Metareilá do Povo Indígena Suruí, pour combattre les pressions écologiques qu’a souffert la Terre Indigène du fait de l’exploitation du bois durant 18 ans, pour organiser la protection des richesses naturelles de la zone, et pour la prise de conscience du peuple Suruí de l’importance environnementale de sa terre.
1.2 Historique des activités du projet
Les travaux de transplantation en terre ont commencé le 2 janvier 2006, financés par Aquaverde et soutenus par l’Associação Kanindé et l’APA.
Le projet a mis en oeuvre la récupération d’une zone dégradée de pâturage et de “capoeira” (forêt jeune appauvrie) et il devrait permettre la formation d’Indiens aux techniques de protection environnementale (y compris aux questions de surveillance écologiques et à leur aspects juridiques).
L’Organização Metareilá souhaiterait réaliser un plan d’utilisation durable des ressources forestières ainsi qu’une formation à la production de pousses, ce qui nécessiterait un financement pour payer des formateurs et acquérir du matériel.
2. Résultats positifs du projet Du point de vue économique et social, le projet a permis de renforcer les liens entre les villages et a fait prendre conscience aux participants de l’importance de la préservation de leur terre et de la nécessité d’acquérir de nouveaux savoirs à cette fin (techniques de plantations, etc.).
Il a contribué à l’amélioration des conditions de vie des Suruí, grâce au paiement des travailleurs et grâce à à la préservation et l’enrichissement des ressources forestières.
Certaines espèces, comme le pupunha par exemple, ont une croissance assez rapide qui permettra de tirer des bénéfices de leurs produits d’ici environ 3 ans.
Du point de vue écologique, ce projet permet de sauver des zones déforestées dont les sols sont menacés, de ré-enrichir des zones de forêt secondaire pauvre et ré-introduire des espèces éliminées par l’exploitation sélective des bois de valeur dans des zones de forêt primaire menacées.
La plantation d’arbres dans ces divers lieux va accélérer le processus de succession écologique, là où, laissées à elles-mêmes la végétation et sa diversité se seraient rétablies beaucoup plus lentement.
Elle permet aussi de protéger les ressources en eau, à la fois en quantité et en qualité. C’est pourquoi nombre d’arbres ont été plantés aux abords d’une source.
Enfin, à sa modeste échelle, la croissance de ces arbres capte du carbone et lutte ainsi contre l’effet de serre.
3. Points négatifs du projet Le budget du projet a été trop serré pour la main-d’oeuvre, ce qui a posé des problèmes quant à la participation de tous les villages.
Nous avons d’autre part eu des difficultés pour acheminer les travailleurs venant d’autres villages jusqu’aux lieux de reforestation.
4. Répartition des travailleurs par village d’origine:
• Village Tikãn - 7 personnes • Village Lapetanha -18 personnes
• Village Mawira - 9 personnes
• Village Nova - 5 personnes
• Village Rio Quente 5 personnes
• Village Linha 10 9 personnes
• Village Linha 09 8 personnes
Nombre total de travailleurs: 61.
En dépit des difficultés de transport, nous avons veillé à ce que les divers villages puissent participer au projet et en tirer profit. Les gens de ces villages ont pris part à toutes les étapes du projet (collecte de pousses préparation du terrain, plantation, etc.)
Participation des femmes: Les femmes ont été partie prenante du choix des espèces à planter. Certaines ont travaillé à la collecte des pousses, d’autres ont fait la cuisine pour les travailleurs venus des autres villages.
Relation avec Aquaverde. Excellente.
5. - Conclusion
Nous aurions besoin d’un soutien pour élargir le projet et le renforcer au point de vue de l’appui administratif, du paiement de la main-d’oeuvre, du transport des pousses et des travailleurs et de la formation aux techniques de reforestation, et ce afin d’étendre cette action à toutes les zones degradrées de la Terre Indigène Sete de Setembro.